- Parrainage
- Être appelé
- 06 22 73 28 26

La règle est claire depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G au DPE sont interdits à la location en France métropolitaine. Mais 2026 apporte deux éléments nouveaux qui changent la donne pour de nombreux propriétaires. D’abord, la réforme du calcul du DPE entrée en vigueur le 1er janvier 2026 a automatiquement reclasé environ 850 000 logements qui sortent ainsi des classes F et G sans travaux. Ensuite, une proposition de loi adoptée au Sénat en avril 2025 prévoit des dérogations pour certains propriétaires — mais elle est encore en attente d’examen par l’Assemblée nationale. Voici ce que vous devez savoir en tant que propriétaire ou locataire en Île-de-France.
En 2026, un logement classé G n’est en principe pas louable en nouveau bail ni en relocation. Un bail en cours peut continuer, mais le locataire peut exiger des travaux et/ou une baisse de loyer. Cette interdiction s’applique à toutes les locations nues ou meublées à usage de résidence principale — contrats signés, renouvelés ou reconduits tacitement depuis le 1er janvier 2025. Un logement est classé G s’il consomme plus de 420 kWh d’énergie primaire par m² et par an.
À noter : seul le DPE réalisé après le 1er juillet 2021 est opposable. Les propriétaires disposant d’un diagnostic antérieur doivent en faire réaliser un nouveau avant toute mise en location.
C’est la grande nouveauté de 2026 pour les propriétaires de logements chauffés à l’électricité. Le coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE a été abaissé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 (arrêté du 13 août 2025, Journal officiel). Cette évolution reflète la réalité du mix électrique français, décarboné à plus de 90 % grâce au nucléaire et aux renouvelables. Concrètement, un logement tout électrique consommant 100 kWh/m² en énergie finale passait de 230 à 190 kWh/m² en énergie primaire — ce qui peut suffire à sortir d’une classe G ou F.
Si votre logement est chauffé à l’électricité et que vous disposez d’un DPE réalisé après le 1er juillet 2021, rendez-vous sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME avec votre numéro de DPE (13 chiffres). La procédure est entièrement gratuite — pas besoin de faire revenir un diagnostiqueur. Vous téléchargez une attestation officielle ayant la même valeur légale que le DPE original.
La proposition de loi adoptée au Sénat le 1er avril 2025 prévoit des exceptions à l’interdiction de louer pour les propriétaires qui ne peuvent pas rénover dans les délais. Attention : ce texte est toujours en attente d’examen par l’Assemblée nationale au 30 avril 2026 — il n’a pas encore force de loi.
| Situation du logement | Dérogation prévue | Condition |
|---|---|---|
| Copropriété en travaux | Sursis de 5 ans | Plan pluriannuel de travaux signé visant la performance énergétique requise |
| Maison individuelle / monopropriété | Sursis de 3 ans | Engagement contractuel de travaux d’amélioration énergétique |
| Coût des travaux disproportionné | Dérogation possible | Coût > 50 % de la valeur vénale du bien, attesté par expert |
| Opposition de l’AG en copropriété | Suspension 5 ans | Blocage technique ou administratif démontré |
| Aucune démarche engagée | Aucune dérogation | — |
Option 1 — Vérifier le reclassement 2026 (gratuit)
Si votre logement est chauffé à l’électricité, rendez-vous sur le site de l’ADEME avec votre numéro de DPE. La mise à jour est gratuite et peut vous sortir de l’interdiction sans aucun travaux.
Option 2 — Engager des travaux de rénovation
L’objectif est d’atteindre au minimum la classe F pour continuer à louer, idéalement la classe E ou D pour sécuriser l’investissement jusqu’en 2034. Aides disponibles : MaPrimeRénov’, éco-PTZ (jusqu’à 50 000 €), CEE et aides locales IDF.
Option 3 — Vendre le bien
Pour les propriétaires dont le coût de rénovation est prohibitif, la vente reste une option. La décote liée aux passoires thermiques est réelle mais le marché IDF reste actif.
Non. L’interdiction s’applique aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites. Si votre locataire est en place avec un bail signé avant le 1er janvier 2025, vous pouvez continuer. L’interdiction s’appliquera au moment du renouvellement ou de la reconduction tacite (généralement tous les 3 ans).
Pas nécessairement. Rendez-vous sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME avec votre numéro de DPE (13 chiffres). Si le recalcul avec le coefficient 1,9 améliore votre classe, vous téléchargez une attestation officielle gratuitement, sans visite de diagnostiqueur. Si le logement reste G malgré la réforme, des travaux sont nécessaires.
Le locataire peut saisir le tribunal pour exiger des travaux ou une réduction de loyer. La jurisprudence commence à se construire sur ce point. Par ailleurs, un logement classé G ne peut plus recevoir d’APL, ce qui restreint votre vivier de locataires.
Le projet de loi pour le logement annoncé le 23 avril 2026 prévoit notamment de suspendre pendant 5 ans la décence énergétique pour les copropriétés dont l’AG s’oppose aux travaux. Ce texte doit être examiné par le Parlement à l’été 2026 — rien n’est encore définitif.
Pour les propriétaires de logements classés G en Île-de-France, 2026 est une année de transition. Le reclassement automatique lié à la réforme du coefficient électricité peut résoudre le problème sans travaux pour les logements chauffés à l’électricité. Pour les autres, il est urgent d’agir : l’interdiction de louer est effective, les sanctions se précisent, et l’échéance 2028 pour les logements F approche rapidement.